TOYER (Gardner McKay)

Toyer

Lu autour du 29 juin 2012

Editions Cherche midi

760 pages

Résumé :

Los Angeles est la proie d’un monstre très particulier. Un homme qui ne viole ni ne tue les femmes mais leur réserve un sort peut-être pire encore : il les séduit, les kidnappe, joue avec elles, puis les abandonne à l’état de mort cérébrale. Neurologue, Maude Garance est en charge des neuf victimes de celui que la presse a surnommé Toyer. Bouleversée par le sort de ces femmes, elle accepte la proposition que lui fait Sara Smith, une jeune journaliste ambitieuse : s’adresser directement au coupable par voie de presse. C’est le début d’une relation très particulière, par médias interposés, entre Maude et Toyer, qui bien vite passionne un lectorat avide de sensations. Grisé par une célébrité grandissante, Toyer commettra-t-il le faux pas qui permettra de l’identifier ? Alors que dans l’ombre Maude et Sarah continuent d’enquêter, elles ne tardent pas à réaliser que leur mystérieux interlocuteur est beaucoup plus proche d’elles qu’elles ne le croyaient.

Mon avis :

Dans ce livre nous suivons plusieurs personnages auteur d’un même, nous suivons Maude Garance le physiatre (ou neurologue comme il est dit dans le résumé, mais je ne pense pas que cela soit exacte) qui est en charge des victimes de Toyer, un psychopathe diaboliquement intelligent et cohérent qui ne tue pas et cela lui tient à coeur de le préciser. Ces victimes sont lobotomisées (ou du moins c’est une forme de lobotomie), laisser à un état de légume après avoir été manipulée par notre cher Toyer, qui se fait passer pour leur ami, leur sauveur et qui les engrange dans un délire qui fait complètement perdre pied à ces jeunes femmes ; elles ne savent plus s’il est fou ou plaisantin, elles ne savent plus si elles vont être les mêmes demain, si elles auront la chance de s’en sortir. Quoi qu’il en soit au final elles ne s’en sortent pas, il leur fait croire tout et n’importe quoi pour qu’elles ne savent plus quoi croire et au final rien ne l’empêche (et c’est toujours ce qu’il fait d’ailleurs) de les détruire, de les déconnecter de la réalité. Imaginez l’horreur de la situation, en plus de savoir que vous êtes face à Toyer, ce malade dont parle la presse, il vous fait aussi croire à des faux espoirs pour mieux vous abattre.

Vous l’aurez compris je ne recommande pas cette lecture à n’importe qui ! Tout d’abord, à un public averti, au vu des nombres scènes de sexe détaillées et diabolisées, dans le sens où le livre vous donne un aperçu du monde et de la vie vraiment glauque et déprimante ! Ensuite nous suivons à bien des égards le psychopathe en question est c’est dur ! On ne peut pas sortir de cette lecture sans un sentiment de malaise, c’est pour cela que je le déconseille aux âmes sensibles et aux plus jeunes !

Mise à part ce physiatre très intéressant, nous suivons aussi Sara Smith, la journaliste en titre de Toyer, elle en fait une légende, elle en fait un être vénéré par un public trop avide de sensations fortes. Au début je ne pouvais tout bonnement pas l’apprécier, car sa conception de l’affaire était trop inhumaine, à penser que Toyer n’était qu’un article, qu’un chiffre d’affaire, j’avais donc du mal et attendait avec avidité le moment où elle réaliserait l’ampleur de son erreur. Alors, certes cette affaire, ce lien qu’elle s’est créée avec Toyer l’aura beaucoup perturbé et changer à bien des égards mais il n’en est pas moins que même vers la fin où tout est en jeu, où une vie est en jeu, l’obsession du scoop est toujours en elle et je trouve cela parfait, car les gens ne changent jamais du tout au tout ! Dans ce roman le côté psychologique est très mis en avant et c’est avec brio !

Et puis comme dit plus haut nous suivons Toyer ! Un beau malade qui nous en fait voir de toutes les couleurs, on ne sait plus quoi faire entre le plaindre, avoir envie de le réconforter et le détruire alors qu’il le fait si bien lui-même à des innocentes ; le fait est qu’il a vécu quelque chose d’abominable qui lui a complètement fait perdre les pédales et pourtant il reste d’une cohérence à glacer le sang. Toutes ces victimes ont un sens irrémédiable à ses yeux et l’on ne peut faire autrement que de comprendre malgré l’horreur.

On pourrait se demander comment on en arrive à 760 pages, eh bien pour être arrivé au bout je ne le sais pas vraiment non plus, les pages s’écoulent toute seule, je n’ai pas l’impression d’avoir lu près de 800 pages mais c’est pourtant le cas !

Il y a ce dialogue effréné entre Sara Smith et Toyer publiquement dévoilé sur les pages du journal pour lequel elle travaille. Ce dialogue qui captive tant et qui leur fait voler la vedette au Times, n’en est pas moins une véritable abomination : voir Toyer devenir une star, un être adulé et le voir prendre confiance, croire en lui, au point de vénérer son travail et d’en faire quelque-chose de beau, quelle monstruosité !

Je ne peux vous écrire cette chronique sans vous faire part de mon aversion pour le personnage qui pourtant arrive à nous tourner la tête dans son sens..

Ce roman, policier certes, mais dont on ne parle presque pas de cette dit justice, nous sommes concentrés entre les médias, leurs forces cruelles et la psychologie mise en avant par le docteur Garance étant aussi psychiatre.

Ce roman est une réelle descente aux enfers, ceux qui sont confrontés à Toyer n’en ressorte pas eux-mêmes, sombre dans la folie, dans la dépression, dans la peur, Toyer se joue de ceux qu’il approche, ce roman n’offre en aucun cas une « happy-end », ce roman nous apporte l’horreur humaine sur un plateau…ce roman nous montre à quel point il est facile de sombrer et ce roman déprime même jusqu’au lecteur !

Lorsque vous commencez votre lecture de ce livre gardez en tête que vous allez tomber dans une histoire glauque, allant toujours plus loin et ne vous étonnez pas si vous éprouvez une certaine fascination pour elle car elle si bien racontée qu’il ne peut en être autrement !

Ce n’est pas une histoire à prendre à la légère, elle est profondément intrusive et difficile.

Ce n’est pas un coup de coeur, car je me suis trouvée trop déranger par le récit (cela est sans doute son point fort) mais surtout à cause de la fin, je trouve les 200 dernières pages interminables, l’auteur essaye de nous mettre un suspens, mais ce dernier est si lourd qu’il en devient inutile et c’est sans aucune honte que j’avoue avoir sauté des longs passages de descriptions et je ne m’en sens pas pour autant perdue ! Je n’aime pas tourner autour du pot pendant cent ans et c’est exactement ce qu’il se produit entre la page 450 à 760! Cependant, je suis totalement conquise par le point final, aller aussi loin dans la folie me convainc et me plait !

Malgré tout je vous la recommande absolument, je l’ai trouvé fort intéressante et passionnante, je pense franchement que c’est à lire !

En bref ce roman se concentre avant tout sur la psychologie des personnages et autant vous le dire : c’est passionnant !

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