Une nouvelle que j’ai écrite…

Récemment j’ai publié une vidéo très différente sur ma chaîne Youtube, où je partageais en fait un bonheur très fort de ma semaine ! J’avais choisi de partager une note en français qui m’a fait plus que plaisir, c’était juste merveilleux. J’ai obtenu un 19/20 pour une nouvelle que j’avais écrite pour ce cours et pour laquelle j’avais donné pas mal de moi-même. Tout ça pour dire, qu’ayant eu quelques personnes à me demander de pouvoir lire ma nouvelle quelque-part, je me suis dit « pourquoi pas ? » donc… quel meilleur lieu que mon blog ? Je la publie pour que vous puissiez la lire, si vous le voulez… mais sans prétention, aucune, de ma part ! 

Je ne sais plus exactement ce que je disais dans ma vidéo, mais ma nouvelle fait un peu plus de 1500 mots et voilààà.

Pour ma nouvelle je me suis inspirée d’une de mes musiques favorites du duo-compositeur « Secret Garden » : Elegie.

Bisous !

Je m’appelle Aelys, je vis à Elegia depuis un siècle.

Elegia est le plus grand royaume du monde d’Edeth. Edeth est un monde où le conflit ne s’éclipse jamais. Je suis la reine d’Elegia. Edeth est un ensemble de royaumes, mais Elegia n’en reste pas moins le plus grand, le plus puissant et le plus imposant. Si une décision considérable doit être prise ce ne sont pas un de ces quatre Villages-Royaumes alentours qu’on écoutera, mais Elegia. Elegia détient une vraie puissance et dans une guerre aussi importante, avoir du pouvoir n’est pas négligeable, croyez-moi.

Je suis née à Thye il y a de ça 122 ans. Thye est le premier des quatre Villages-Royaumes alentours, mais pas forcément le mieux réputé pour autant. En naissant à Thye on ne peut n’être destiné qu’à une vie de paysan. Une vie de paysan aux valeurs familiales épanouies, certes, mais une vie de paysan tout de même. Sans aucunes possibilités d’améliorations ou d’évolutions. C’est ce que dit la légende de cette contée, c’est ce que l’on m’a toujours répété avant même que je ne sache prononcer un seul mot, mais ce n’est pas aussi immuable que l’on veut bien le faire croire. La preuve : je suis Reine d’Elegia, le plus grand et le plus respectueux Royaume d’Edeth. Toutes leurs belles paroles moralisatrices et tyranniques ne peuvent rien contre ça : je suis devenue Quelqu’un alors que je suis née dans un des Villages-Royaumes où l’on né avec la perspective certaine de n’être « Rien ».

J’avais tout juste dix-sept années quand je l’ai rencontré. L’indéfectible et incroyable Prince Teowen. Le si grand et si réputé jeune homme qui n’atteignait que de peu la vingtaine. Dans le monde d’Edeth vivre au-delà des 350 ans est une norme, mais être Prince à 20 est effarant. Néanmoins on ne peut lui reprocher cela, ce n’est point lui qui décida de naître dès les premières années d’union de ses parents, mais personne n’est sûr pour autant qu’eux non plus n’avait décidé de l’avoir si tôt. Il n’empêche que désiré ou non, que trop jeune ou non, Teowen était le Prince d’Elegia et cela personne ne pouvait rien y dire.

Les circonstances de notre rencontre n’ont rien de formidables. Teowen commençait à prendre son rôle de Prince en mains. Son père lui attribuait diverses tâches rarement gratifiantes et agréables à mettre à exécution, mais le jeune homme ne disait rien contre ça, il faisait et se taisait. Son père, le Roi, était autocratique et fort exigeant. Je ne suis personne pour oser remettre ses compétences en causes, mais il est certain que son comportement changeant et inconstant constituait un véritable tracas pour son entourage proche et parfois même pour Elegia.

Quoi qu’il en soit en cette époque, le temps était à la dure pour ma famille et pour le village-royaume de Thye tout simplement. Le temps était à la perte des récoltes, à l’inquiétude face aux emprunts de plus en plus fréquents que rien ne semblait permettre de rembourser. La peur avait pris possession de chaque Thyens. Ma famille faisait peut-être partie des plus en difficulté et c’est pourquoi personne –et surtout pas moi- ne fut surpris par l’inquisition de sa Majesté le Prince et de son Comptable royal. Nos finances avaient atteint un tel stade de débauche que le pire planait au-dessus de nos têtes. Malgré mon jeune âge, je ne fus pas choquée par l’emprisonnement de mon père. Cet emprisonnement était à titre « tempori » ; c’était le châtiment appliqué quand la faillite se faisait trop présente dans une famille. Le temps que passerait mon père dans sa cellule compenserait l’argent que nous avions injustement fait perdre au grand Royaume d’Elegia, maître de la comptabilité du monde d’Edeth. Je ne préfère émettre aucun jugement sur ce châtiment, ces temps étaient durs pour tous. Autant pour Elegia que pour Thye finalement et tout ce que je dirais de cette épreuve, c’est qu’elle fut bouleversante et laissa son sceau en moi.

Le sens de la famille était très présent dans le Village-Royaume de Thye, probablement plus qu’à Elegia qui avait des préoccupations d’un autre ordre. Je ne dis pas qu’eux non plus ne connaissaient pas la pauvreté, mais le sens des valeurs étaient nettement différent d’un Royaume à l’autre. Ce sens de la famille si fort, rendit l’emprisonnement de mon père délicat pour tout le monde, même pour nos voisins de maisons. A Thye tout le monde était proche, probablement parce que tous était dans la même panade quotidienne.

Pour ma part à partir de ce jour je pris l’habitude de me rendre une fois par mois à Elegia pour passer quelques jours auprès de mon père. Les visites des prisonniers de ce type n’était pas limitées et je prenais donc une chambre dans une auberge pas loin pour ensuite aller passer le maximum de mes journées auprès de lui. Au début, je prenais un de mes petits frères ou de mes petites sœurs avec moi. Nous étions une famille de six enfants et le roulement n’était pas toujours évident, mais quoi de mieux pour moi que de voir le ravissement apparaître sur les visages de mes frères et sœurs quand ils pouvaient enfin revoir leur père ? Beaucoup de choses valaient la peine pour avoir le droit d’assister à cela, mais rapidement nous dûment cesser, car les finances dues au voyage étaient trop importantes, alors je continuais d’y aller seule chaque mois leur rapportant milles et unes histoires provenant de mon père.

Mon père était emprisonné dans les cellules les plus « bourgeoises » que le Royaume d’Elegia faisait et pour y accéder il fallait toujours passer par de nombreux couloirs du château royal d’Elegia. C’est ainsi que durant toutes ces années de visites je croisais fort régulièrement le Prince, lui-même, dans ces sinueux et somptueux couloirs. Avec le temps nous fîmes connaissance (un certain temps, car il m’en fut pour tarir ma haine contre lui d’avoir jadis causé l’emprisonnement de mon père), nous apprîmes à nous connaître au détour de ces fameux couloirs. Ces couloirs étaient très peu empruntés, ils étaient loin du cœur du château, mais c’était justement cela que recherchait le Prince en venant ici, il me le confia un jour, au bout de plusieurs années ; la solitude était la meilleure des amies face à l’ambiance pesante d’attentes qui régnait constamment autour de lui dans le palais.

J’aurais du mal à retransmettre le pourquoi du comment, mais Le Prince devint important pour moi. Mes visites à mon père s’étalèrent sur une durée de quatre ans et sur ces quatre années mes discussions avec le Prince prirent une véritable importance. Pour le dire franchement ; ce qui fut au début des rencontres purement fortuites le fut bien moins par la suite et pour finir je venais de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps à Elegia rien que pour le voir, lui, Teowen.

Mon père fut libéré au début de la cinquième année. Malgré le confort plutôt « bourgeois » qu’il avait connu dans sa cellule, il avait perdu de son éclat. Son teint de peau était si terne que cela faisait d’autant plus ressortir la maigreur de son corps. Oui, père avait beaucoup souffert de cet emprisonnement, croire le contraire serait utopique, mais il m’avoua que sans moi, sans mes visites et sans mon dévouement sans fin il n’y serait jamais arrivé. Cette confidence qu’il me fit eu un vrai impact sur ma vie future, puisqu’il m’apporta sérénité et confiance en moi. J’étais peut-être née dans le Village-Royaume où l’on était Rien, mais durant cette période j’étais devenue Quelqu’un pour mon père et d’autant plus Quelqu’un pour Teowen.

Alors que mon père était libre, je continuais mes visites rien que pour mon cher Teowen. C’est au cours de cette cinquième année de visite au grand Royaume d’Elegia que Toewen m’annonça que ma personne comptait pour lui plus qu’il n’aurait jamais cru possible de s’attacher à quelqu’un. C’est ainsi que celui qui avait était d’abord « Sa Majesté le Prince » à mes yeux était devenu mon « cher Teowen », pour finir par être mon « cher et tendre amant ».

Je ne dis pas que notre relation fut toujours évidente, ni même que le Roi accueilli mon existence avec plaisir -loin de là-, mais ce qu’il faut en retenir c’est que Teowen réussi à faire de moi son épouse en dépit de tous les conflits que cela provoqua.

Je ne dis pas non plus que je suis devenue Quelqu’un grâce à Teowen ni à notre amour, car cela serait rétrogradent et loin de la réalité. Il y a des millions de petites choses qui ont fait que j’en suis venue à devenir Quelqu’un. Il y a une magnifique bonne étoile au-dessus de moi qui a fait que je suis là où je suis aujourd’hui, car dans aucun de mes rêves le plus fous être Reine d’Elegia aurait pu être envisageable. J’ai de la chance, j’ai de l’amour, mais j’ai surtout donné beaucoup de moi-même. Edeth est un monde en conflit permanent, j’y suis confronté quotidiennement dans mon rôle de Reine d’Elegia, mais l’espoir n’y est pas encore totalement éteint et ce n’est pas avec moi au pouvoir qu’il s’éteindra.

Mémoires de la Reine Aelys, premier feuillet. 

PS : Ce texte m’appartient exclusivement, tout de même, je précise ! 🙂

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4 réflexions sur “Une nouvelle que j’ai écrite…

  1. MarianneM dit :

    Ce texte est vraiment super je comprend pourquoi tu a eu une si bonne note !
    C’est une vrai graine d’auteur que je vois là 😉

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